LSRL 11: La variation grammaticale en géolinguistique


LSRL 11: La variation grammaticale en géolinguistique

Artikel-Nr.: ISBN 9783895869396
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La variation grammaticale en géolinguistique

Les pronoms sujet en roman central

David Heap
University of Western Ontario

Cette thèse traite de la variation des sujets pronominaux dans le continuum géolinguistique qui s'étend à travers l'Italie septentrionale et une grande partie du Midi français. Le sujet d'un verbe fini peut être identifié par un pronom (français je parle) ou par une désinence verbale (italien parli). Depuis Perlmutter (1971) et Chomsky (1981) on postule que cette distinction reflète les deux réglages possible d'un paramètre inné: les grammaires humaines doivent être soit [-sujet nul] comme le français, soit [+sujet nul] comme l'italien. Les variétés non standard étudiées ici, cependant, incluent des grammaires qui ne peuvent pas se ranger facilement dans ces deux catégories, et représentent donc un nouveau défi à plus de vingt ans de recherches en syntaxe généérative.

Après des considérations générales concernant l'importance de la variation dans la théorie linguistique, nous développons une méthodologie pour utiliser des données des atlas linguistiques traditionnels. Bien que ignorés presque complètement par la linguistique 'théorique', l'Atlas linguistique de la France (Gilliéron & Edmont 1902-11908) et le Sprach- und Sachatlas Italiens und der Südschweiz (Jaberg & Jud 1928-1940) fournissent des données précieuses pour les recherches sur la variation morphosyntaxique.

Nous dépouillons des données d'un total de 438 points sur 101 cartes de chacun des atlas. Ces données sont ensuite présentées de façon synthétique sur 15 cartes thématiques, selon la personne grammaticale et d'autres facteurs linguistiques. L'analyse quantitative de cette base de données nous permet également de formuler certaines généralisations à propos des systèmes des sujets pronominaux.

Premièrement, les données n'indiquent pas une transition abrupte, comme prédirait l'hypothèse paramétrique, mais plutôt une zone de transition graduelle. Deuxièmement, la typologie des systèmes de sujets pronominaux n'est pas complètement sans contraintes, puisque des tendances claires apparaissent parmi ces variétés intermédiaires. Les sujets pronominaux sont plus rares à la première personne du singulier ou du pluriel, et à la deuxième personne du pluriel, alors qu'ils sont plus fréquents à la troisième personne du singulier ou du pluriel, et surtout à la deuxième personne du singulier. Il est difficile de représenter ce type d'asymétrie morphologique en termes syntaxiques ou en traits, ou encore en théorie paramétrique.

Plusieurs facteurs linguistiques, dont le type et le temps du verbe, le type et la position de la proposition, et la présence d'autres pronoms ou de la négation, contribuent au conditionnement de l'emploi des sujets pronominaux. Ces faits suggèrent que les paradigmes des pronoms sujet reflètent des phénomènes complexes qui auraient lieu aux 'interfaces' (Chomsky 1995) plutôt qu'un simple paramètre syntaxique.

ISBN 9783895869396. LINCOM Studies in Romance Linguistics 11. 230pp. 2000.

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